STRATÉGIE DE CONSERVATION DU BIOME

Préambule

La création du biome est motivée par l’extrême nécessité de sauver les espèces animales de la disparition, et par la conscience que pour ce faire, les besoins financiers sont importants.

Le biome consistera donc en :

La création et la mise à disposition d’installations spécifiques dans le cadre d’opérations de sauvegarde d’espèces ex-situ. Ces opérations seront réalisées en accord avec les lignes directrices techniques de l’UICN en matière de gestion des populations ex-situ à des fins de conservation et avec la convention sur la diversité biologique,

La mise à disposition d’un pôle de compétences,

La publication et la mise à disposition gratuite des expériences qui auront mené au succès de la reproduction d’un taxon,

Le financement de la conservation in-situ généré par l’ouverture d’une partie de la structure au public.

La présente stratégie de conservation est le guide du biome dans le cadre des opérations de sauvegarde ex-situ des populations captives.
Article 1
création d’une commission
d’élevage
Considérant que l’urgence de la situation nécessite la participation de tous, et que la perte d’individus pourrait, en raison de leur rareté, être très dommageable aux taxons élevés, une commission d’élevage sera créée au sein du biome.

Cette commission aura pour objet d’encadrer les opérations d’élevage et de distiller conseils et expériences dans le domaine. La commission sera composée d’éleveurs expérimentés ou d’établissements d’élevage reconnus qui affichent des résultats probants en termes de conservation et de reproduction en captivité.
Article 2
critères
de sélection

des taxons
Parmi la multitude de taxons en danger et devant le nombre d'initiatives privées ou institutionnelles pour tenter la sauvegarde de plusieurs d'entre eux, un choix des taxons élevés sera réalisé selon les critères suivants :

- Les taxons dont les Etats ont l'incapacité financière à assurer leur sauvegarde,

- Les taxons pour lesquels l'instabilité politique ou le manque de volonté institutionnelle ne permettent pas la mise en place d'un projet de conservation ex-situ dans l'aire d'origine du taxon,

- Les taxons endémiques des 34 hots spots de la biodiversité,

- Les taxons endémiques en général,

- Les taxons de l'Annexe I et III de la Convention de Washington,

- Les taxons classés CR EN VU par l' UICN,

- Les taxons à aire de répartition restreinte,

- Les taxons à faible représentativité captive,

- Les taxons qui pourraient devenir en danger en raison de la faiblesse de leur répartition ou des risques qui pèsent sur leurs milieux,

- Les taxons dont le retour à la nature est envisageable sur le principe, de par l'existence d'un milieu favorable préservé, d'un milieu en cours de protection ou de restauration, ou d'un milieu potentiellement restaurable. CRITÈRES D'EXCLUSION - Les taxons qui sont déjà sujets à un plan d'élevage efficace et contrôlé,

- Les taxons à forte représentativité captive de qualité,

- Les taxons dont la limitation des risques d'introduction accidentelle dans le milieu ne peut être garantie dans le cadre des opérations d'élevage,

- Les taxons pour lesquels les aptitudes physiques et comportementales sont incompatibles à ce jour avec la captivité,

- Les taxons pour lesquels le territoire ne permet pas un retour à la nature dans de bonnes conditions ou pour lesquels le conflit homme-animal est important,

- Les espèces de plus de 700 Kg. Toutefois des taxons supplémentaires ne répondant pas à ces critères pourront être introduits dans les opérations d'élevage si une autre raison de conservation le justifie.
Article 3
conditions
d'acquisition
des taxons
Pour la constitution d'un cheptel captif, plusieurs sources d'alimentation sont possibles et notamment :

- Taxons confiés par les Etats des zones géographiques concernées,

- Taxons acquis auprès d'établissements zoologiques,

- Taxons acquis auprès d'éleveurs ou d'établissements d'élevage,

- Taxons ayant fait l'objet d'un don ou d'un prêt dans le cadre de partenariats,

- Taxons ayant fait l'objet d'une saisie. A titre exceptionnel, des taxons pourront être acquis chez des importateurs et commerçants, ou donner lieu à des captures dans le milieu naturel, et ce à condition que :

- La preuve irréfutable de la légalité de la transaction soit faite,

- La rareté du taxon concerné ou le peu d'individus purs ou non-consanguins disponibles en captivité le justifie,

- Les autorités scientifiques aient validé la transaction et que la preuve soit faite qu'elle n'est pas de nature à porter atteinte aux populations sauvages ou au bien-être des individus concernés,

- Les taxons concernés pourront, sans dommages pour eux-mêmes, supporter capture et transport vers le biome.
Article 4
travail
pré-opération
d'élevage
En amont de toute opération d'élevage et de mise en reproduction d'un taxon, un travail de collecte d'informations tant techniques que scientifiques sera réalisé :

- Inventaire de la documentation et de la littérature sur le taxon concerné,

- Recensement des organismes de recherche et de protection in-situ,

- Génétique des populations et établissement des « étalons » de référence,

- Établissement du plan de collaboration avec les Etats, les scientifiques et les ONG locales,

- Recensement de la population captive, - En établissement zoologique public ou privé - Chez des éleveurs privés

- Proposition de collaboration dans le cadre du renforcement de la population captive.
Article 5
Protocole
d'élevage
Le biome étant en premier lieu un établissement d'élevage dont les taxons détenus ont pour objectif à court ou moyen terme le retour à la nature, les installations et le comportement du personnel seront de nature à faciliter ce retour et ne devront pas être dommageables aux individus détenus et notamment :

- L'adaptation des structures à un élevage permettant de limiter au strict nécessaire, le contact avec l'homme évitant l'appauvrissement comportemental et notamment l'apprivoisement et l'imprégnation,

- La gestion cohérente des populations captives afin d'empêcher l'appauvrissement génétique,

- L'adoption d'attitudes de nature à favoriser des comportements naturels (prédation, fuite, etc),

- L'étude et l'adaptation des régimes alimentaires à la captivité,

- L'utilisation de l'élevage de substitution en tant que solution de sécurité réservée à des individus montrant des problèmes à l'élevage naturel de leur petit, restera une exception. Dans ce cas, les méthodes d'élevage seront adaptées de sorte qu'elles soient le moins dommageables possible au comportement des jeunes élevés par cette méthode,

- Le respect des mécanismes naturels dans la constitution des couples,

- Dans le cas de taxon dont la détention n'a pas été testée, l'élevage d'un taxon proche sera réalisé en amont afin de sécuriser celui-ci et de permettre de limiter les risques liés à une primo détention.
Article 6
devenir des
espèces élevées
L'élevage des taxons sur le biome n'a qu'un seul objectif, le retour dans leur milieu naturel. Cependant, il est probable que ce retour se fasse en plusieurs temps et nécessite la conservation d'un cheptel candidat au relâché pendant quelques temps voire quelques années. Dans ce cas, le cheptel sera détenu dans les mêmes conditions d'exigence permettant de conserver l'ensemble des critères comportementaux et génétiques.

Pour les taxons dont l'élevage a été entrepris en raison de l'absence ou du faible niveau de représentativité en captivité, et une fois celui-ci maîtrisé, les opérations d'élevage sur ce taxon seront déléguées à des établissements partenaires.

Le biome, au travers de la commission d'élevage, décidera du devenir de ces individus dont le statut de conservation ne justifie pas d'être conservés sur l'établissement mais dont la population ainsi créée devra rester pure et non-consanguine.

Les établissements exerçant au nom du biome la délégation d'élevage pourront être soit :

- Des établissements d'élevage privés, dans ce cas, la vente et l'échange des taxons confiés seront interdits, la décision de placement d'individus issus de la reproduction sera du seul ressort de la commission d'élevage du biome,

- Des Parcs zoologiques (en accord avec l'éthique de la conservation du biome), et dans ce cas, pas d'intégration dans le système commercial, une participation financière aux opérations de conservation in-situ de ce taxon ou d'un proche sera demandée, pas de vente ni d'échange sans accord préalable de la commission d'élevage. La présentation au public sera soumise à autorisation si celle-ci n'est pas préjudiciable au taxon concerné. Comme pour les établissements d'élevage, le devenir du produit de la reproduction est du ressort de la commission d'élevage du biome.
Article 7
recherche
scientifique
Pour chaque taxon concerné par les opérations d'élevage, une analyse génétique de population sera réalisée en partenariat avec les organismes de recherches et les ONG œuvrant in situ. Les analyses réalisées sur le biome au travers de son laboratoire d'analyse génétique permettront l'établissement d'un étalon génétique pour chaque taxon et l'établissement d'une carte de répartition géographique de chaque taxon ou population localisée le cas échéant.

La totalité des données recueillies dans ce cadre sera disponible gratuitement et diffusée à l'ensemble des organismes oeuvrant à la conservation des taxons concernés.

La récolte du matériel génétique nécessaire aux études sera réalisée en accord avec les textes nationaux et internationaux en matière de protection d'espèces animales et notamment la convention de Washington.

L'ensemble des résultats de recherche sera mis à disposition au travers de publications scientifiques régulières et présentées au cours des entretiens de Pouydessaux, lieu d'échanges et d'informations sur la conservation de la nature et des espèces en danger d'extinction.
Article 8
financement de
la conservation
L'ouverture d'une partie de la structure au public permettra de dégager des fonds importants, fonds qui seront réinvestis intégralement dans la conservation et notamment dans :

- L'acquisition de terrain dans les milieux d'origine des taxons afin de faciliter la mise en réserve des territoires,

- Le financement de la recherche sur les causes de disparition et sur les méthodes de protection ad hoc à mettre en place,

- L'incitation et le soutien à la mise en place de mesures de conservation in-situ,

- La participation à la mise en place d'opérations de réintroduction et du suivi des taxons réintroduits,

- L'incitation à la création d'ONG locales et aide à la gestion durable des habitats et des ressources.
Article 9
retour
à la nature
Le retour à la nature d'un taxon est du ressort des Etat qui restent souverains en matière de gestion de leur faunes. Dans le cas d'un retour à la nature, le biome proposera une participation technique et financière pour assurer :

- L'appui technique et scientifique en vue du retour à la nature du taxon,

- La participation financière pour la création d'une structure locale nécessaire à la réintroduction,

- La fourniture du cheptel captif,

- L'appui logistique et financier jusqu'à autonomie de la structure in-situ,

- Le suivi des populations réintroduites.
Article 10
partie du biome
ouverte au public
La partie du biome, ouverte au public présentera des taxons «ambassadeurs». Ceux-ci seront sélectionnés en fonction de leurs représentativités et de leurs capacités à supporter la présence du public sans que celle-ci ne leur soit dommageable. Les installations de présentation seront conçues de sorte que la présence du public ne soit pas incompatible avec un éventuel élevage bien que ce dernier ne soit pas une priorité pour les taxons présentés.

Pour la présentation, la priorité sera donnée :

- Aux taxons dont la pureté génétique et les pathologies comportementales ne permettent pas d'être intégrés aux programmes de conservation ex-situ. La reproduction de ces taxons sauf cas exceptionnel sera limitée au maximum,

- Aux taxons dont la captivité n'altère pas, de manière significative le comportement,

- Aux taxons ambassadeurs d'une action de conservation in-situ,

- Aux taxons déjà intégrés dans un programme de reproduction ex-situ viable tel que ESB ou EEP. Au sens de la présente stratégie de conservation, on entend par retour à la nature, la mise à disposition d'un cheptel répondant à toutes les conditions scientifiques et techniques permettant un retour dans le milieux naturel. Ce cheptel constituera la base pour la mise en place, in-situ, d'opérations d'élevage. Ce n'est que le produit de cette reproduction qui serait candidat à la réintroduction.